Evaluation Rapide de L’integration du vih et de la sante Sexuelle et de la Reproduction au Burundi

Pour l’atteinte des OMD, l’importance des liens établis entre Santé Sexuelle et de la Reproduction (SSR) et VIH est maintenant largement reconnue. Les infections à VIH sont le plus souvent transmises par la voie sexuelle ou associées à la grossesse, à l’accouchement et à l’allaitement. Le risque de transmission et d’acquisition du VIH peut être accru en raison de la présence de certaines infections sexuellement transmissibles (IST).

Dans le but d’aboutir à une meilleure planification du processus d’intégration du VIH et de la santé sexuelle et de la reproduction, l’UNFPA par le biais de son Bureau pays, réalise en appui au Gouvernement du Burundi, une évaluation rapide de l’intégration des deux entités (VIH et SSR).

Cette évaluation contribuera à améliorer les liens qui existent entre le VIH et la SSR d’une part et entre la SSR et le VIH d’autre part, aux niveaux des politiques, des systèmes et des prestations de services. Il s’agit de façon spécifique :

  •  d’indiquer le niveau et l’efficacité des liens établis entre les politiques de santé sexuelle et de la reproduction et les politiques liées au VIH, la législation nationale, les plans opérationnels et les directives ;
  • de montrer que les systèmes favorisent ou non des liens effectifs entre SSR et VIH ;
  • de faire ressortir le niveau d’intégration des services de VIH dans ceux de la SSR et des services de la SSR dans ceux du VIH ;
  • d’Identifier les lacunes/gaps à combler en vue d’établir le lien bidirectionnel entre le VIH et la SSR ;
  • de faire des propositions pour une meilleure intégration VIH – SSR et SSR – VIH.

La méthodologie de cette évaluation est inspirée de l’Outil d’évaluation rapide des liens établis entre la santé sexuelle et de la reproduction et le VIH (Guide générique), préparé et publié par l’IPPF, l’UNFPA, l’OMS, l’ONUSIDA, GNP+, l’ICW et Young Positives en 2009. La démarche de cet outil associe collecte de données qualitatives et collecte de données quantitatives.

Rapport_Evaluation intégration SSR-VIH

Enquête sur l’ampleur des fistules au Burundi

La fistule obstétricale est une lésion survenant au décours d’un travail  d’accouchement prolongé. La tête fœtale est bloquée au niveau du bassin maternel et la pression exercée sur les parties molles (la vessie  et rectum) entraîne une ischémie locale et aboutit à la formation d’une fistule. C’est un problème de santé publique reconnu dans plusieurs pays en développement mais le Burundi en ignore l’ampleur.  Une étude vient d’être menée pour évaluer l’ampleur de cette pathologie à partir des hôpitaux disposant d’un service de chirurgie et des entretiens menés avec des femmes bien ciblées.

Cinq provinces ont été choisies d’une façon raisonnée, parce qu’il y avait déjà eu auparavant des interventions sur les fistules dans les hôpitaux mais aussi pour couvrir les quatre régions sanitaires.  Quatre questionnaires préalablement établis comprenant des réponses fermées et ouvertes ont été adressés, au personnel médical, à la personne atteinte de fistule, aux accoucheuses  traditionnelles et aux administratifs des structures de soins. Le degré de connaissance de la maladie, le nombre de cas de fistules et les capacités disponibles pour prendre en charge les cas de fistules ont été déterminés.

30 personnels de santé ont été interrogés et 17 focus groups ont pu être réalisés.  Au total 212 cas de fistules ont été signalés au courant des cinq dernières années et 17 personnes atteintes de fistule ont été rencontrées dans les cinq provinces visitées.  Les personnes atteintes sont jeunes, pauvres, analphabètes pour la plupart, issues d’un milieu rural, et la fistule apparaît souvent à la première grossesse après un travail prolongé de plus de deux jours. Pour le personnel médical et les AT, la maladie est bien connue théoriquement alors que d’un point de vue pratique elle l’est beaucoup moins. Les capacités de prises en charge sont limitées par manque d’un personnel qualifié.

Evaluation fistule

Informations générales sur la Santé de la Reproduction au Burundi

La population burundaise est en général pro nataliste avec un indice synthétique de fécondité de 6,02 enfants par femme, un taux de croissance démographique de 2,3%3 et une espérance de vie à la naissance de 49,04ans dans un contexte d’analphabétisme élevé, surtout de la femme, ce qui est un frein à la PF.

En matière de planification familiale, force est de constater que les résultats atteints depuis le début du Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR) en 1987 restent faibles vingt ans après. Le taux de prévalence contraceptive évolue très lentement. Il était de 5,4% en 2003, 6,5% en 2004, 8,5% en 2005, 7,4% en 2006, 9,4% en 2007,5 pour atteindre 11,4 en 2008, alors qu’il faut un taux de  30% pour influencer d’une façon significative la réduction de la mortalité maternelle et  de 40% pour stabiliser la croissance démographique du pays.

Le Burundi a participé à deux grandes conférences internationales qui ont formulé des recommandations importantes en matière de santé de la reproduction et a ratifié les conventions y relatives. Il s’agit de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) tenue au Caire en 1994 et  la Conférence Internationale sur les femmes  qui a eu lieu à Beijing en 1995.

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