Enquête de base du projet santé et droits sexuels et reproductifs

Initiateur de l’enquête 

Health-net/TPO avec le financement de la part du Royaume des Pays Bas

Résumé exécutif

  • La présente étude concerne trois provinces qui forment la zone Ouest du Burundi qui sont Bubanza, Bujumbura Rural et Cibitoke.
  • Le but  de  l’étude  était  de  fournir  des  données  et  des  informations  pouvant contribuer à la compréhension des raisons, des facteurs d’utilisation ou non utilisation des MCM, l’ampleur des VS et VBG, évaluer les capacités communautaires à la stimulation de la demande des MCM et à la prévention et la prise en charge des VS et VBG.
  • L’étude  a   utilisé   une   approche   qualitative   par   focus   groups   et   entretiens individualisés et une approche quantitative par une enquête ménage et dans les FOSA.
  • 82,8% des femmes de 15-49 ans et 82,1% d’hommes de 15-59 ans ont déjà entendu parler de PF. Il y a une faible connaissance des jeunes par rapport aux adultes. On a

70,8% contre 90,8% chez les femmes et 65,0% contre 89,0% chez les hommes.

  • Pour  les   femmes   en   union,   la   connaissance   d’au   moins   deux   méthodes contraceptives est 90,0%, 87,0% et 86,0% à Bubanza, Bujumbura et Cibitoke respectivement. Au niveau de la zone Ouest, cette proportion est 87,6%.
  • Les sources d’information ne sont pas diversifiées car seuls les CDS et la radio véhiculent les informations sur la PF. Cela laisse la place aux rumeurs qui comblent le déficit donnant ainsi des informations souvent erronées.
  • Les espaces réservés aux demandeurs d’informations dans les FOSA ne sont pas conviviaux pour les jeunes : 49,3% pour les jeunes femmes trouvent que les lieux ne sont pas adaptés.
  • Seulement 27,4% des femmes de la zone d’étude ont déjà utilisé une méthode de contraception moderne.
  • Les jeunes femmes et filles (15-24 ans) sont moins utilisatrices des MCM car 21,6% (17,7%-26,1%) des jeunes femmes et filles de 15-24 ans qui ont déjà entendu parler de méthodes de contraception moderne sont utilisatrices alors que la proportions’élève à  39,1% (35,0%-43,4%) pour les femmes adultes (25-49 ans).
  • Parmi les utilisatrices des méthodes contraceptives, les méthodes principalement utilisées sont les injectables DMPA (57,8%), les pilules ordinaires (20,0%), les stérilet- DIU (16,4% et les implants sous cutané-Jadelle (15,5%).
  • La prévalence  contraceptive  est  estimée  à  15,4%  (13,5%-17,5%)  dans  la  zone d’étude, la population féminine qui fait usage des contraceptifs est estimée à 45973 (39992-51953).
  • Par rapport à la population féminine de 15-49 ans de la zone d’étude, on observe un taux d’abandon de 11,9% (10,3%-13,5%). Une grande partie de la population est non utilisatrice (72,7%) de la contraception.
  • La prévalence de la contraception pour les femmes en union est  20,4% (17,8%-

23,2%).  Les besoins  satisfaits  sont  évalués  à  13,4%,  répartis  en  besoins  satisfaits  pour espacer (5,8%) et besoins satisfait pour limiter (7,8%) les naissances.

  • Les besoins non satisfaits sont de l’ordre de 49,9% répartis en besoins non satisfaits

pour espacer (22,9%) et en besoins non satisfaits pour limiter (27,0%) les naissances.

  • L’étude de la susceptibilité à l’abandon a donné lieu à 6 groupes :

1)    Les  femmes  qui  croient  aux  rumeurs  sur  les  MCM :  elles  risquent  à  54,8%

d’abandonner une méthode contraceptive déjà utilisée.

2)   Les femmes qui ne croient pas aux rumeurs mais qui ne discutent pas avec leurs

conjoints du nombre et de l’espacement des naissances : elles risquent à 48,5%.

3)   Les  femmes  qui  ne  croient  pas  aux  rumeurs  mais  qui  discutent  avec  leurs

conjoints du nombre et de l’espacement des naissances : elles risquent à 26,6%.

4)   Les  femmes  qui  ne  sont  pas  satisfaites  des  explications  ou  conseils  des prestataires : elles risquent à 66,7%.

5)   Les femmes qui sont satisfaites des explications ou conseils des prestataires et

qui n’ont pas été mobilisées pour une activité en rapport avec la PF/MCM: elles

risquent à 63,6%.

6)   Les femmes qui sont satisfaites des explications ou conseils des prestataires et qui ont été mobilisées pour une activité en rapport avec la PF/MCM: elles risquent à 36,8%.

  • Pour  diminuer  les  besoins  non   satisfaits,  il  faut   convertir   les   abandons  en utilisatrices. Pour réduire le taux d’abandon, il faudrait développer l’esprit de dialogue au sein du ménage, lutter contre les rumeurs en multipliant les sources appropriées d’informations fiables, documenter suffisamment chaque MCM, améliorer les outils de communication et sensibilisation sur la PF, associer les bénéficiaires dans la promotion des MCM dans leurs communautés, impliquer l’Administration, cibler les groupes et familles à risque, lutter contre le concubinage, assurer une formation complète du personnel des CDs etc.
  • Au cours de l’analyse du profil des utilisatrices et non utilisatrices, les principaux constats sont que la mobilisation communautaire pourrait améliorer l’utilisation des MCM passant de 0,3% à 2,2% ; la lutte contre les rumeurs permettrait d’augmenter de plus de 20% les utilisateurs de MCM ; la sensibilisation sur les problèmes d’avoir plusieurs enfants  et  les  problèmes  sociaux  inhérents  permettrait  à  22,7%  des femmes supplémentaires d’utiliser les MCM.
  • Alors que 4,0% ne savent pas quoi dire, 66,0% (61,8%-70,0%) des femmes qui ont déjà entendu parler de méthodes contraceptives déclarent qu’il n’y a pas, dans leur entourage de personnes qui informent et incitent les gens à l’utilisation des services de PF ou contraception. 30,0% (26,2%-34,0%) disent que de telles gens existent.
  • La sensibilisation des jeunes est quasi inexistence dans la zone d’étude. En effet,

92,8% (89,5%-95,1%) des jeunes affirment ignorer l’existence de personnes qui informent et incitent les jeunes à l’utilisation des services de contraception.

  • Le  niveau  d’engagement  des  autorités  administratives  dans  la  promotion  de

l’utilisation des MCM reste très négligeable car seulement 3,0% des femmes de 15-

49 ans rangent les autorités administratives parmi les mobilisateur à l’usage des MCM.     Par  contre,  les  agents  de  santé  communautaires  jouent  un  rôle  très important suivis, à petite échelle, par les leaders communautaires.

  • Bien que toutes les FOSA ne fournissent pas toutes les MCM, les FOSA publiques fournissent au moins 5 types de MCM. Le femidom est rare dans les FOSA. Les autres MCM qui sont aussi moins fréquentes sont les pilules du lendemain et le condom. Dans presque toutes les FOSA publiques, l’injectable, le stérilet-DIU, l’implant et les pilules minidosées et normodosées y sont fournies. Globalement sur les 60 FOSA choisies, seules 9 distribuaient toutes les MCM et 20 FOSA ne distribuaient pas de MCM.
  • Les ruptures de stock rares dans la zone d’étude.
  • Sur toute la population féminine de 15 à 49 ans, 76,1% (73,4%-78,6%) ont déjà mis au monde au moins un enfant. Parmi celles qui ont déjà eu des enfants, 42,7% (39,4%-46,1%) ont encore un besoin d’avoir des enfants alors que 57,3% (53,9%-

60,6%) ne veulent plus avoir d’enfants.

  • La volonté d’avoir encore des enfants chez les hommes ayant déjà eu des enfants est plus faible. En effet, seuls 36,7% (32,3%-41,4%) d’entre eux veulent en avoir contre

63,3% (58,6%-67,7%) qui ne veulent plus avoir des enfants.

  • 14,7% de la population féminine de 15-19 ans ont déjà eu un enfant et 1,6% étaient enceinte au moment de l’enquête. Si on s’en tient aux célibataires, 8,3% des filles célibataires de 15-24 ans ont déjà eu un enfant alors que celles de 15-19 ans sont déjà mères dans 5,0% des cas.
  • Les célibataires étant mis à l’écart, 41,1% (37,4%-44,8%) des femmes (en union, séparées ou divorcées) ont eu dans leurs ménages des rapports sexuels sans consentement. Dans la plupart de ces cas (avoir des rapports sexuels sans consentement), il y a un manque de communication et en plus il peut s’agir de l’ignorance des attentes des conjoints, du caractère violent de l’homme, de l’alcool et du concubinage. La résignation (20,7%) et la tolérance (10,5%) de la violence sexuelle conjugale sont les solutions que les femmes adoptent dans la zone d’étude.
  • Les violences basées sur le genre sont connues par 65,5% (62,0%-68,8%) de la population féminine de 15-49 ans par le simple fait d’en avoir entendu parler. Parmi elles, 50,1% (45,8%-54,3%) en ont entendu parler dans leur propre communauté.  Il faut noter que cette proportion représente 32,8% de la population féminine non célibataire de 15-49 ans.

Bien que la réalité des violences basées sur le genre soit élevée, la formation sur les violences basées sur le genre est à un niveau très faible. En effet, seulement 13,8%,(11,0%-17,1%) des femmes ayant entendu parler des violences basées sur le genre, représentant 9,0% de toutes les femmes non célibataires de 15-49 ans, ont eu une formation sur les violences basées sur le genre.

  • La punition  par  frappe  de  la  femme  est  tolérée  par  69,0%  (66,1%-71,8%)  des femmes de 15-49 ans. C’est un signe qu’elles se résignent à être frappées en cas de faute dans leurs foyers.

Ce phénomène est très inquiétant dans le sens où les jeunes femmes et fille de 15-

24 ans sont aussi de l’avis qu’elles devraient être punies par la frappe. En effet,

67,1% (62,9%-71,1%) des filles et femmes de 15-24 ans approuvent la punition par frappe de la femme.

  • A la question de savoir si une femme peut avoir des circonstances qui l’empêchent d’avoir des relations intimes avec son époux, 49,0% (45,3%-52,6%) des femmes de

15-49 ans pensent qu’aucune raison ne peut justifier cet empêchement.

 

Etude de base du projet SDSR Rapport Définitif TPO

Adolescents and youth sexual and reproductive health survey in Burundi

Investigators:

Dr. Adriane Martin Hilber,Dr. Sonja Merten,Karin de Graaf,Dr Ndayishimiye Juvénal

Period

Survey report 2014

Introduction

This study evaluates the baseline situation for the Dutch-funded programme ‘Making Sexual and Reproductive Health Work for the Next Generation’. The programme aims at improving young people’s sexual and reproductive health (SRH) in three central African countries:  the Democratic Republic of the Congo (DRC) where the programme targets four health zones (Katana, MitiMurhesa, Idjiwi, Walungu) of the South Kivu Province; Rwanda in four districts (Gicumbi, Kirehe, Nyaruguru, Rusizi) in four provinces; and Burundi in six provinces (Bururi, Cankuzo, Karusi, Makamba, Rutana, and Ruyigi)

Key Findings

Who are the young people in Burundi?

The majority of  young people surveyed  were single  and  lived  with  their  parent(s)  or a relative.More than half of the respondents had some level of education, with 58% currently being in school, however, a large group of young people did not access any education at all (15% young women and 5% young men).

Very high proportions of young people visited a religious service at least once a week (90%), followed by community activities (33%) and youth centers (12%). Generally, young men participated  more  actively  in  sports  activities  (66%)  compared  to  young  women  (37%).

Exposure to radio at least once a week was high (63%) and 56%  of  respondents  declared  owning  a  mobile  phone. Access  to  the  internet  was  rather  low,  however  higher among young men (4%) compared to young women (1%)

What do young people know about sexuality?

Survey population groups

terminology

Young people:  15-24 years Adolescents:    15-19 years Youth:              20-24 years

About half of the surveyed young people (53%) had received sexuality education; and 32% accessed  this  information  in  the  last  12  months.  The  main  place  where  they  received sexuality education was at school (91%) followed by health centres (8%).Despite having recently received sexuality education, sexuality knowledge was rather low and quite inconsistent.

Young people had particularly low knowledge on women’s fertility patterns. For example, about half of the young people reported that a woman cannot become pregnant the first time that  she  has  sexual  intercourse  (56%);  and  54%  thought  that  birth  control  pills  offer protection against sexual transmitted infections and HIV – both answers being incorrect. Generally young men had better knowledge scores (46%) compared to young women (28%)– measured by the ability to answer 6 out of 7 questions correctly.

Who is sexually active?

Among the young people, more women (32%) than men (24%) disclosed having had sexual intercourse, yet the median age of sexual debut for women was at 19.2 years and for men18.9 years. Among young single people, 11% reported having had sex, as compared to 46% of those in a relationship but not living together. The majority of youth (51%) reported to have had sexual intercourse as compared to adolescents (12%).

Who is using sexual and reproductive health services and where do they go?

More young women than men reported having previously used sexual and reproductive health services. The majority were youth who had accessed services within the last 12 months. Young people using services were also more likely to be married/living with a partner (74%), as compared to young people in a relationship but not living together (23%) or single (7%). In general, young people tend to access these services primarily in health centers (63%), followed by hospitals (19%).

Who are the young people with children?

Respondents with children were mainly found among youth (31%) and to a lesser extent among adolescents (2%). A majority of young people that were married and living together had children (72%). Of the female respondents who were pregnant or already had a child at the time of the survey, a high proportion stated that their last pregnancy was unplanned (45%).

Who is using contraceptive methods?

Knowledge  of  modern  contraceptive  methods  is  high  amongst  young  people  (97%  of sexually active unmarried women and 99% of sexually active unmarried men could cite 5 methods of modern methods). Actual uptake of modern contraceptive methods among the same group is very low (17% for women and 12% from men). Yet, the potential future demand for  modern  contraceptive  methods (i.e.  young  people  who  do  not  wish  to  get pregnant, and are not against the use of modern contraceptives) is high among sexually active young people with about half (46% women and 58% men) considered as potential future users of family planning methods, although they are currently non-users.

Who is experiencing physical and sexual violence?

More than a quarter of young people reported having experienced physical violence at least once since the age of 15, with a larger proportion among young men (32%) compared to young women (19%). Perpetrators of physical violence were mainly family members and teachers.

Over a quarter of young female respondents (26%) and 9% of male respondents reported being a victim of sexual violence. Perpetrators of sexual violence were mainly current partners, friends, colleagues, or neighbours.

The majority of young people having experienced sexual violence (53%) consulted either a friend or family member (50%); however none of the respondents mentioned consulting a health service provider or other professional institution or service.

How do health professionals interact with adolescent and youth clients?

The survey conducted among health service providers offering  sexual  and reproductive health services showed that despite the fact that most health professionals had received training and guidelines for these services, they reported low confidence in their knowledge and skills to provide these services to young people. Similarly, community health workers reported low confidence in having sufficient knowledge to sensitize young people on sexual and reproductive health and on knowing how to communicate with them about the benefits and risks related to these services (i.e family planning).

Counseling on contraceptive methods

The results across the three surveys show discrepancies in the perceived quality of family planning service provision (between health professionals, community health workers and young people). The vast majority of service providers (95%) reported that they informed their clients about side effects or problems that may occur with contraceptive method use and what to do in case they occur (99%). However, among young people who reported using family planning services, only 53% reported having received adequate information about side effects and how to appropriately manage them when they occur (51%).

NG_A&Y Survey Report_EN_BURUNDI_final suiss TPH

Rapport d’évaluation de certains indicateurs du projet SDSR de Health-net TPO

Cette évaluation se concentre sur l’appréciation des indicateurs clés pour le projet SDSR mis en
œuvre par Health Net TPO dans les provinces de Bubanza, Bujumbura rural et Cibitoke.

L’objectif principal de l’enquête a été de recueillir des données en rapport avec 4 indicateurs du projet : (i) les besoins non satisfaits en planification familiale, (ii) les mariages précoces, (iii) les grossesses non désirées et (iv) les VS/VBG dans les trois provinces d’intervention du projet SDSR mis en œuvre par HealthNet TPO. Pour chaque indicateur, il s’agit d’évaluer l’ampleur et de mettre en évidence les facteurs qui sont, non seulement, ceux qui ont le plus d’impact sur le niveau de ces indicateurs dans la zone d’action du projet mais aussi ceux sur lesquels il est possible d’agir, de manière efficace, dans le cadre de la mise en œuvre du projet SDSR.

L’évaluation a utilisé une approche quantitative par des entretiens individuels des bénéficiaires et qualitative par focus groups avec les représentants des bénéficiaires. L’enquête quantitative a touché
1134 personnes dont 23,8% à Bubanza, 47,6% à Bujumbura rural et 28,6% des enquêtés en province de Cibitoke.

Les principaux caractéristiques des participants à l’évaluation sont :

• Par rapport à l’âge,11,5% étaient âgé de moins de 18 ans, 32,5% avaient un âge compris entre [18-25 ans], 31,8% se situaient dans la tranche d’âge de [26-35 ans], 17,6% étaient âgés de [36-45 ans] et 6,2% avaient un âge supérieur à 45 ans.

• L’analyse de leur niveau de formation montre que 25% n’avaient aucune formation, catéchèse/ crèche/école maternelle : 0,5%, primaire complète : 26%, primaire non complète : 29%, secondaire (complète), 6%, Université incomplète : 0,2%, Tronc commun
: 10% et école technique : 4%.

• Concernant la situation matrimonial, 52,5 % vivent un mariage monogame, 27,7% des célibataires avec une faible proportion de divorcés (1,5%) ou de séparés (0,6%). Il apparaît que 8,2 % des enquêtés vivent en union libre et 6,4% en mariage polygame et
1,3% en concubinage.

• Quant à la religion, la majorité des enquêtés étaient des catholiques (56,9%) et des protestants (38,3%). Les musulmans représentaient 1,6%, 1% n’avaient aucune religion et 2,3 avaient d’autres religions qui n’ont pas été spécifiées.

• L’évaluation montre que 42,9% des participants ont moins de deux enfants. Pour 31,1%, l’effectif varie de [2-4 enfants] et chez 20,7% des enquêtés, le nombre d’enfants varie de [5-7 enfants] et enfin, 5,2% disposent de plus de 7 enfants. Parmi les enquêtés, 17% ont
eu au moins un décès d’un enfant de moins de 5 ans.

Page 6 sur 66
Rapport d’évaluation de certains indicateurs du projet SDSR au niveau communautaire, Avril 2015

• Enfin, 66,5 % des enquêtés ne désirent pas avoir des enfants, 1,2% désirent entre [1 -2 enfants], 16,9% désirent entre [2-4 enfants], 12,7% aimeraient avoir entre [5-7 enfants] et
2,6% désirent avoir plus de 7 enfants. Notons que 8% de femmes qui ont participé à
l’enquête sont enceintes et dans 65,6% des cas, cette grossesse n’était désirée

Les résultats clés de cette évaluation se présentent comme suit :

Les résultats portent d’abord sur les besoins non satisfaits (On parle de besoin non satisfait en planification familiale lorsque des femmes et des jeunes filles sexuellement actives souhaitent éviter, espacer ou limiter les grossesses mais n’utilisent pas de moyen de contraception moderne).

• Par rapport à la PF et aux besoins non satisfaits : 28% utilisent les méthodes contraceptives modernes ou naturelles, bien que 67,4 % des enquêtés expriment qu’elles ne veulent pas avoir d’autres enfants et 95,2% ne désiraient pas une grossesse dans les
12 prochains mois.

• Le taux des besoins non satisfaits (désignant les femmes en union qui ne désirent pas plus avoir des enfants ou veulent espacer les naissances d’au moins de deux ans) qui s’évalue à 26,27 %. Des facteurs comme la religion, le niveau d’éducation et le revenu de la femme influent sur la probabilité d’avoir un besoin non satisfait de moyens de limitation des naissances et présentent une forte association négative par rapport à leur niveau . En effet, les gens pratiquant une religion en tête les catholiques et les protestants sont majoritaires à avoir des besoins non satisfaits comparés à celles qui ne se réclament d’aucune religion. Du côté niveau de formation, les résultats ne vont pas dans le sens des affirmations empiriques car les femmes avec besoins non satisfaits en PF se recrutent majoritairement chez les femmes ayant un niveau secondaire qu’il soit complet ou pas.

• Si on considère les femmes en âge de procéer sexuellement actives, le taux des besoins
non satisfaits s’évalue à 52,1 %.

• Les raisons de la non utilisation des MCM sont soit liées au fait que les enquêtés n’éprouvent pas le besoin d’utiliser une méthode contraceptive surtout en province de Cibitoke (75,2%) que dans les provinces de Bujumbura rural (63,9%) et Bubanza (54,7%). Elles sont également liées aux méthodes notamment la crainte des effets secondaires qui constituent un facteur qui limite l’usage des MCM qui s’observent respectivement à 26,9% à Bujumbura rural et à 16% dans les deux autres provinces.

• Concernant les préférences contraceptives, les choix s’hiérarchisent comme suit : l’implant sous cutané est la méthode la plus préférée (23,3%) parmi les méthodes tant modernes que naturelles, suivi du condom masculin (12,7%), des méthodes naturelles (11%) et de la pilule (10,3%). Curieusement, s’il y a des femmes qui croient que la prière est une méthode contraceptive, ceci témoigne qu’elles considèrent une grossesse comme une fatalité. De plus, 5% des non utilisatrices actuelles ne savent pas où se procurer une
méthode contraceptive.

Page 7 sur 66
Rapport d’évaluation de certains indicateurs du projet SDSR au niveau communautaire, Avril 2015

Par rapport aux grossesses non désirés :

• Les résultats de l’enquête montrent que 19,6% parmi les femmes interviewées ont déjà connues des grossesses non désirés. L’ignorance (43,7%) et les relations non protégées (31,1%) semblent être des raisons majeures qui sont à l’origine des grossesses non désirées.

• En milieu scolaire, les résultats de cette évaluation font état de 730 grossesses non désirées rapportées dans les trois provinces (314 à Bujumbura, 204 à Bubanza et 212 à Cibitoke) durant les années scolaires 2012-2013 et 2013-2014. Par rapport à ces deux années scolaires, une réduction des cas de violence s’observe et elle est plus perceptible en province Bujumbura où on a passé de 186 cas à 128 cas, soit une réduction de 58 cas

• L’évaluation montre que 83% des enquêtés estiment qu’il existe sur leur colline des jeunes filles qui sont déjà mères avec une forte fréquence de deux filles par collines (52,9%) et de quatre filles par colline (28,7%). Sur certaines collines, elles sont estimées à une fille-mère dans 14,5% de cas, à 3 filles pour 0,2% de cas ou enfin à plus de 4 chez
3,7% des répondants à l’enquête.

• 52,8% des filles mères sont qualifiées par l’entourage comme des délinquantes, 28,6% comme des élèves à problèmes familiaux, 2% sont simplement des élèves, 3,7% des ivrognes et 14,7% sont tombées enceintes pour des raisons non spécifiés.

• 44,3% estiment que les jeunes filles tombent enceintes par ignorance des méthodes contraceptives. L’environnement socio-économique qui connote la pauvreté chez ces jeunes filles en est aussi une circonstance non négligeable (37,6%). D’autres circonstances comme les VBG (1,2%), les VS (1,4%), la pauvreté proprement dite (0,1%) et d’autres raisons non spécifiées (11,1%) contribuent aussi à ce phénomène de grossesse adolescentes.

• Concernant les auteurs des grossesses non désirées, les élèves constituent la 1ère catégorie des auteurs des grossesses non désirées chez les jeunes filles vivant à Bubanza, Bujumbura rural et à Cibitoke. De même, la catégorie de motards qui manient de l’argent au quotidien trompent facilement les jeunes filles par le biais de petits cadeaux ou d’un déplacement soi-disant gratuit surtout chez les élèves à régime d’externat pour la plupart.

• L’évaluation montre également que 71,6% des enquêtés estiment que les auteurs ne sont pas punis, 24 % remarquent qu’ils reçoivent des punitions exemplaires et 4,4% ont d’autres avis sur ces sanctions.

• Enfin, l’ignorance des méthodes contraceptives est un 1er déterminant (91,5%) de ces grossesses. Les VBG (3,9%) et les VS (4,5%) y contribuent également. Par contre, la
pauvreté en constitue un facteur minime.

Page 8 sur 66
Rapport d’évaluation de certains indicateurs du projet SDSR au niveau communautaire, Avril 2015

Les mariages précoces

• 15,4% des enquêtés se sont mariés quand elles avaient moins 18 ans différence significative entre les trois provinces

• Les principales raisons des mariages précoces sont beaucoup plus liées à une grossesse non désirées (40 %) et à la pauvreté surtout des familles qui forcent leurs filles à se marier.

• Les personnes qui ont participé dans les FG estiment que les jeunes filles qui se marient précocement sont des matérialistes. Il arrive parfois que les jeunes filles soient désorientés par des amies et même par les parents et étant jeunes, il devient difficile pour elles d’opérer des choix optimaux pour leur vie. Il apparait que le manque de maturité chez la fille et chez le garçon expose le couple au divorce ou à la séparation.

Par rapport aux VBG:

• Les résultats disponibles dans les CDFC indiquent plusieurs cas de VS/ VBG. Pour la seule année de 2014, la province de Cibitoke a enregistré 1192 et celle de Bubanza
358 cas.

• 5 typologies de VS/ VBG (sexuelles, physiques, socio-économiques, psychologiques et les tueries) existent dans la zone d’action du projet et ce sont les violences socio- économiques qui dominent.

• Les violences sexuelles sont aussi inquiétantes. Pour la seule année de 2014, la CDFC Cibitoke a enregistré 190 cas et Bubanza 29 cas. Toutes les tranches d’âge sont victimes des violences sexuelles et c’est la tranche de 16-20 ans qui est la plus touchée. Pire encore, les tranches de 0-5 ans sont touchées à 10 % ce qui indique une pure perversion des mœurs.

• L’évaluation montre que 69% ont déjà entendu parler de VBG et 38,6% en ont entendu et vu des cas dans leurs propres communautés. De plus, 15,3% des enquêtés estiment qu’ils/elles ont déjà été pratiqué ou forcé quelqu’un d’autre à pratiquer des rapports sexuels non consentants à des degrés différents.

• Les VBG seraient respectivement liées et par ordre d’importance à l’absence de communication (40,5%), au conjoint violent (19%), à l’existence d’une concubine (16,7%), aux conflits liés à la gestion des biens du ménage (11,9%), à l’alcoolisme du conjoint (4%), à son propre comportement (2,4%) ou carrément au manque de désir
de rapports sexuels au même moment (2,4%).

Page 9 sur 66
Rapport d’évaluation de certains indicateurs du projet SDSR au niveau communautaire, Avril 2015

• 54,8% des enquêtés tolèrent et d’autres restent tout le temps frustrés dans 11,9 % de cas. De telles attitudes ne peuvent pas provoquer un changement de comportement chez le partenaire, ce qui fait que dans ces conditions, la victime continue à subir cette violence du moment qu’elle/il ne partage pas son ressentiment avec son partenaire. Or les formes de gestion qui sont négligées c’est-à-dire (conseils auprès des amis (7,1%), demande de médiation (9.5%) ou porter plainte pourraient être porteurs de solution à ces VGB.

• Les causes des VBG sont diverses mais l’abus du pouvoir (respectivement à 54,9%,
50% et 53,2% à Bubanza, Bujumbura Rural et Cibitoke) et l’inégalité traditionnelle entre l’homme et la femme (respectivement 20,4%, 36,2% et 33,8% à Bubanza, Bujumbura rural et Cibitoke) constituent des causes majeures des VBG

• Les attitudes des enquêtés témoignent en quelque sorte qu’elles ont moins de connaissances sur les formes de VBG. Ainsi, 48,1% des enquêtés estiment par exemple qu’il est légitime de sanctionner et même de battre les femmes quand elles font des fautes. Cela témoigne quand même d’une nette évolution car l’évaluation de base du même projet avait indiqué que 69 % trouvent normal qu’un homme batte sa femme. Ceci témoigne une attitude infantilisante à l’égard des femmes au niveau des trois provinces. De même, certaines enquêtés (30,9%) pensent encore que les violences domestiques conjugales sont juste une affaire familiale, donc qu’il faut traiter à l’amiable.

• Il est important de remarquer que plus de la moitié des enquêtés (59,1)% pensent qu’il ne peut en aucun cas exister des circonstances qui peuvent empêcher d’avoir des relations intimes avec son époux.

Ce rapport se clôture par une série de recommandations en vue de réduire les besoins non satisfaits en PF, les grossesses non désirées surtout chez les jeunes filles de 10-24 ans, les mariages précoces ainsi que les VS/VBG. Les facteurs de réduction devraient agir sur les facteurs influençant chaque indicateur élucidé dans le rapport. Il s’agit principalement de la religion pour les besoins non satisfaits en PF, de la pauvreté pour les grossesses non désirées et mariages précoces et les pesanteurs socio-culturels pour les
VS/ VBG.

Rapport d’évaluation de certains indicateurs du projet SDSR 21 avril 2015 Version finale TPO

1 95 96 97 98 99 100