Bulletin UNFPA Burundi – No 16 Novembre 2016

SOMMAIRE

  1. De la confiance en soi au rêve réalisé d’un jeune Burundais
  2. Sensibilisation des acteurs clés sur la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre
  3. Club de paix : Outil de rassemblement et d’engage- ment des jeunes aux processus de cohésion social
  4. Foire d’outils pour le manuel de résolution des con- flits et de résilience chez les jeunes
  5. Supervision des étudiants sages-femmes sur terrain de stage
  6. Atelier sur la revue annuelle des plans de travail 2016

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10 : Comment cet âge déterminant chez les filles conditionne notre avenir

AVANT-PROPOS

Lorsqu’une fille atteint l’âge de dix ans, son monde change.
Une foule d’événements viennent bouleverser sa vie et la tiraillent de toutes parts. Jusqu’où ira-t-elle ? La réponse à cette question dépendra du soutien qu’elle recevra et de sa capacité à dessiner son propre avenir.

Dans certaines régions du monde, une fille de dix ans, à l’aube de son adolescence, voit des possibilités infinies s’ouvrir à elle et commence à faire des choix qui influenceront son éducation et, plus tard, sa vie personnelle et professionnelle.

Dans d’autres endroits du monde, en revanche, les perspectives d’une fille de dix ans sont limitées. Alors qu’elle entre dans la puberté, ses proches, les figures de sa communauté, les normes sociales et culturelles, les institutions et les lois discriminatoires se dressent en travers de son chemin.

Dès l’âge de dix ans, elle peut être mariée de force. Elle peut aussi être retirée de l’école pour commencer une vie consacrée à faire des enfants et à servir son mari.

« À bien des égards, c’est à l’aune du parcours de vie d’une fille de dix ans que l’on saura véritablement si le Programme à l’horizon 2030 est une réussite — ou un échec. »

À dix ans, elle peut devenir un bien, une marchandise qui se vend et qui s’achète.

À dix ans, on peut la priver de toute voix au chapitre dans les décisions qui la concernent.

À dix ans, son avenir ne lui appartient plus. Ce sont les autres qui en décident.

Empêcher une fille de vivre son adolescence en bonne santé et en sécurité pour devenir une adulte productive et autonome est une violation de ses droits. Mais cela fait également peser un lourd tribut sur sa communauté et son pays.

Lorsqu’une fille ne peut pas réaliser son potentiel, nous sommes tous perdants.

À l’inverse, lorsqu’une fille peut exercer ses droits, rester en bonne santé, terminer sa scolarité et prendre les décisions qui la concernent, tout le monde est gagnant : elle, bien sûr, mais également son entourage. Elle vivra en meilleure santé, et si, plus tard, elle choisit de fonder une famille, ses enfants aussi seront en meilleure santé. Elle sera plus productive, elle améliorera ses conditions de vie et contribuera à créer un monde meilleur.

Le nouveau Programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté par les Nations Unies et ses 17 objectifs de développement durable visent un développement équitable et inclusif qui ne laisse personne de côté.

Ce programme sur 15 ans promet d’aider à transformer l’avenir de millions de filles âgées de dix ans qui sont généralement laissées pour compte.

En même temps, la plupart de ces objectifs de développement durable ne pourront être atteints que si chacun, y compris les filles de dix ans, peut réaliser son potentiel. Le premier des objectifs a pour ambition de parvenir à un monde sans pauvreté. Mais quels progrès attendre si l’on continue d’étouffer et de gâcher le potentiel énorme offert par les filles ?

À bien des égards, c’est à l’aune du parcours de vie d’une fille de dix ans que l’on saura véritablement si le Programme à l’horizon 2030 est une réussite — ou un échec.

Grâce au soutien de sa famille, de sa communauté et de son pays, et par la réalisation de ses droits, une fille de dix ans peut s’épanouir et contribuer à façonner l’avenir que nous souhaitons tous.

L’aspect du monde dans 15 ans dépendra de notre capacité à faire tout ce qui en notre pouvoir pour éveiller le potentiel des filles âgées de dix ans aujourd’hui.

Dr. Babatunde Osotimehin
Secrétaire général adjoint des Nations Unies et directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA)
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COMBLER LES LACUNES DANS LES INVESTISSEMENTS POUR LA PRÉVENTION DU VIH

28 NOVEMBRE 2016
Malgré les progrès accomplis contre le VIH au cours des 15 dernières années et la disponibilité de méthodes de prévention et de traitement qui ont fait leurs preuves, le nombre annuel de nouvelles infections à VIH chez les adultes est resté stable dans le monde, à un niveau estimé de 1,9 million par an depuis 2010. En outre, on observe une résurgence des nouvelles infections à VIH au sein des populations clés dans certaines régions du monde.

Des investissements inadéquats dans la prévention et des investissements non ciblés qui n’atteignent pas les populations et les zones les plus touchées comptent parmi les raisons de ces lacunes dans les investissements. Une analyse portant sur quatre pays dans diverses régions du monde et avec des types d’épidémie différents a révélé que le financement de programmes de prévention primaire du VIH efficaces et ciblés était faible : 6 % des investissements totaux contre le VIH au Brésil, 4 % au Cameroun, 15 % au Myanmar et 10 % en Afrique du Sud. Les fonds alloués aux pays pour la prévention primaire du VIH (qui exclut la transmission du VIH de la mère à l’enfant et les programmes de dépistage et de conseil sur le VIH basés sur le volontariat) par le Plan présidentiel américain d’aide d’urgence à la lutte contre le sida et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ont représenté environ 15 % des dépenses totales pour la lutte contre le VIH.

Avec un financement de la prévention inférieur à celui du traitement, moins d’une personne sur cinq parmi les plus exposées au risque d’infection à VIH a accès aux programmes de prévention à l’heure actuelle. La modélisation réalisée par l’ONUSIDA a montré qu’investir environ un quart de toutes les ressources requises pour la riposte au sida dans les services de prévention du VIH serait suffisant pour rendre possible toute une série de programmes de prévention, notamment programmes de distribution de préservatifs, prophylaxie préexposition, circoncision masculine médicale volontaire, réduction des risques, programmes d’autonomisation des jeunes femmes et des filles, mobilisation et prestation d’ensembles de services essentiels pour et avec les populations clés.

Investir davantage dans la prévention permettra également de soutenir les programmes de traitement pour atteindre leurs objectifs. Les programmes de prévention, en particulier la fourniture d’informations sur le VIH, la distribution de préservatifs et la communication auprès des jeunes et des populations clés, constituent souvent le premier point d’entrée pour les individus vers le dépistage et le traitement du VIH. Les programmes de prévention communautaires pilotés par les pairs sont également fondamentaux pour réduire la stigmatisation et la discrimination. Dans le même temps, un accès étendu au traitement permet aux personnes plus exposées de faire des choix et les encourage à connaître leur statut vis­à­vis du VIH ; cette démarche ouvre ensuite la possibilité de retenir les personnes diagnostiquées séronégatives dans des programmes de prévention continue. Faire baisser le nombre de personnes qui contractent le VIH et auront besoin d’un traitement permet de pérenniser les programmes de traitement antirétroviral.

En décembre 2015, Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, a lancé un appel en faveur de l’investissement d’un quart des ressources dans la prévention du VIH. En juin 2016, les États membres des Nations Unies se sont engagés, dans la Déclaration politique de 2016 sur la fin du sida, à s’assurer que les ressources financières dédiées à la prévention soient adéquates et représentent en moyenne au moins un quart des dépenses mondiales consacrées au sida.

Plusieurs pays ont déjà pris des mesures pour augmenter leur financement national destiné à la prévention du VIH, notamment la Namibie, qui s’est engagée à investir 30 % de son budget pour le VIH dans la prévention du VIH chez les adultes et les enfants.

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