Cartographie des jeunes organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de l’environnement au Burundi.

Share-Net Burundi, à travers son programme UMUHIVU, a le plaisir de dévoiler la première cartographie interactive des organisations de la société civile (OSC) engagées dans la protection de l’environnement et la promotion de la justice climatique au Burundi.

Cet outil stratégique offre une vision claire et actualisée des acteurs, de leurs zones d’intervention, des thématiques couvertes et des synergies existantes. Il répond à un besoin crucial de coordination et de visibilité dans un contexte marqué par des défis environnementaux majeurs : déforestation, dégradation des sols, insécurité alimentaire et effets du changement climatique.

En mettant à la disposition des décideurs, des bailleurs et des acteurs institutionnels une analyse fine des forces, faiblesses et opportunités du secteur, cette cartographie vise à :

  • Faciliter la coordination entre acteurs ;
  • Orienter les ressources vers les zones sous-couvertes ;
  • Renforcer l’impact collectif des interventions environnementales.

La cartographie est disponible ici.

Entrepreneurs burundais et marché régional : entre ambitions et obstacles.

Alors que les pays de la région multiplient les initiatives pour renforcer l’intégration économique, de nombreux entrepreneurs burundais continuent de se concentrer principalement sur le marché local. Le manque d’information, l’accès limité au financement et la méconnaissance des cadres juridiques régionaux constituent encore des freins majeurs. Une rencontre organisée le 3 décembre 2025 dans le cadre du projet UMUHIVU de Share-Net Burundi a permis de dresser un état des lieux et d’esquisser des pistes de solutions.

 

Un potentiel régional sous-exploité

Le Burundi fait partie de trois communautés économiques reconnues par l’Union Africaine : la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), le COMESA et la CEEAC. Pourtant, selon l’avocate Dr Ange Dorine Irakoze, qui intervenait lors de cette rencontre, les entrepreneurs burundais ne profitent pas pleinement des opportunités offertes par ces organisations.

Elle rappelle néanmoins que le contexte local reste plus accessible que celui de la plupart des pays voisins : « Au Burundi, le capital minimal pour créer une entreprise est de 500 000 FBu à Bujumbura et 250 000 FBu à l’intérieur du pays. Ailleurs dans la région, il peut atteindre 500 dollars ou davantage », explique-t-elle.

Des opportunités réelles mais encore méconnues

L’EAC représente un marché de près de 300 millions de consommateurs. Pour les entrepreneurs, les avantages sont nombreux : réduction des barrières tarifaires, mobilité facilitée grâce au passeport EAC, accès aux fonds régionaux, participation aux appels d’offres transfrontaliers ou encore possibilité de bénéficier de normes harmonisées.

Mais la réalité est plus complexe. Les démarches administratives pour s’implanter dans un autre pays de la région restent longues et parfois incohérentes. Les points de contrôle routiers se multiplient, les coûts énergétiques demeurent élevés, et l’accès au financement reste particulièrement difficile pour les petites et moyennes entreprises.

« L’intégration régionale ne se limite pas à ouvrir les frontières. Elle exige une maîtrise technique et administrative que beaucoup d’entrepreneurs n’ont pas encore », souligne l’avocate Irakoze.

Des témoignages qui révèlent un manque d’accompagnement

Anny Joanice Nizigiyimana, entrepreneure burundaise, a raconté son expérience après une tournée dans plusieurs pays de l’EAC. Ses produits ont trouvé preneurs partout où elle est passée, mais l’absence de réseau local a compliqué tout projet d’implantation.

« Je vendais très bien, mais je n’avais personne avec qui collaborer. J’ai compris qu’il me fallait un carnet d’adresses solide et une présence sur place pour investir efficacement », confie-t-elle.

Des solutions : formation, digitalisation et partenariats

Pour dépasser ces obstacles, plusieurs pistes ont été proposées :

  • Renforcer les capacités techniques des entrepreneurs et rejoindre les associations professionnelles régionales ;
  • Utiliser les postes frontières à arrêt unique (OSBP) pour réduire les délais ;
  • Créer des joint-ventures avec des partenaires locaux ;
  • Solliciter les institutions financières régionales, comme la Banque de Développement de l’EAC ;
  • Obtenir les certifications de qualité harmonisées ;
  • Établir un plan d’action de 90 jours avec deux ou trois marchés prioritaires.

Le marketing digital comme tremplin régional

La deuxième partie de la rencontre était consacrée à la stratégie numérique, animée par Aimé Florian Ngabonziza, spécialiste en marketing digital. Il a insisté sur l’importance de tester les marchés régionaux à travers le numérique.

« Les données ne mentent pas. Tester un marché permet de comprendre ce que les consommateurs apprécient, et d’adapter ses produits à moindre coût », explique-t-il.

Il recommande aux entrepreneurs de créer une présence en ligne notamment un site web, TikTok, WhatsApp Business, de cibler trois pays étranger pour commencer, de produire des contenus multilingues, puis d’analyser les retours après 48 heures pour affiner leur stratégie.

 

Annonce des bénéficiaires du 2ᵉ cycle de petites subventions collaboratives 2025, dédiées à l’innovation numérique.

Vous avez été nombreux à répondre à l’appel de l’innovation numérique, prouvant une fois de plus que le génie burundais est en pleine effervescence.

Investir dans les idées des femmes et des jeunes n’est plus une option, c’est une nécessité pour la justice sociale. Dans la foulée de notre appel à l’innovation numérique, Share-Net Burundi a le plaisir de présenter les initiatives retenues dans le cadre du deuxième cycle de petites subventions collaboratives.

Voici les idées qui contribueront à façonner le Burundi de demain :

 

  1. Première place: App HafiPharma: un projet porté par le partenariat stratégique entre Kadesign apportant une expertise numérique et Mother and Child, une expertise médicale et communautaire, pour développer une application mobile, qui fusionne deux services essentiels. D’un côté, elle permet une géolocalisation en temps réel des pharmacies et la disponibilité exacte des médicaments au sein des pharmacies, éliminant des déplacements infructueux. De l’autre, elle offre un service de consultation médicale virtuelle assuré par des professionnels de santé, pour lutter contre l’automédication dangereuse.Plus qu’un simple outil, c’est une réponse concrète et adaptée aux réalités locales, un modèle économique pérenne et qui vise un impact mesurable : améliorer radicalement l’accès aux médicaments, pour construire un système de santé plus résilient et efficace.
  2. Deuxième place: e-KIGEGA : se positionne comme une rupture technologique audacieuse pour l’entrepreneuriat au Burundi et en Afrique de l’Est. Il s’agit bien plus qu’une application de gestion : c’est un copilote financier intelligent qui intègre, pour la première fois dans une solution localisée, la gestion complète des flux de trésorerie, une intelligence artificielle prédictive (via ChatGPT) capable d’anticiper les risques et de recommander des actions correctives, et un système pionnier d’éducation financière automatisée. Ce dernier, grâce à la technologie HeyGen AI, génère chaque semaine des vidéos personnalisées où un avatar IA forme l’utilisateur sur ses faiblesses identifiées, agissant comme un coach dédié. Conçue pour être immédiatement opérationnelle dans cinq secteurs clés (agro-business, commerce, santé privée…), la plateforme vise à transformer radicalement la gestion des PME, à réduire les dettes impayées et à structurer l’économie locale.e-KIGEGA incarne la promesse d’une croissance durable, où chaque entrepreneur bénéficie d’une expertise financière de pointe, accessible et adaptée à la réalité de son métier.
  3. Troisième place: Menya Ibibanza Vy’Iratiro : une innovation numérique audacieuse porté par le Club Statistique de l’Université du Lac Tanganyika, en partenariat avec K-SQUAD pour développer une application mobile comme un guide touristique numérique complet, centralisant pour la première fois l’ensemble du patrimoine naturel, culturel et historique du pays. Elle combine une cartographie GPS fonctionnant hors-ligne (une réponse ingénieuse aux défis de connectivité) avec des itinéraires personnalisables et une mise en avant directe des acteurs économiques locaux (guides, artisans, hébergements).Bien plus qu’un simple outil de découverte, ce projet est un levier stratégique de développement économique : il vise à stimuler le secteur touristique, générer des revenus pour les communautés et créer des emplois, s’inscrivant parfaitement dans la Vision Burundi 2040-2060. Actuellement au stade de maquette fonctionnelle, l’application, conçue pour être robuste et accessible sur smartphones courants, représente une solution durable et pérenne, portée par l’expertise technique d’une jeune équipe universitaire et un modèle de partenariat solide avec les institutions publiques.

Ces projets vont bien au-delà de simples solutions technologiques : ils portent la promesse d’un accès équitable aux soins de santé, d’un développement économique durable et d’un leadership féminin renforcé.

Ces initiatives, menées par des jeunes et des femmes, traduisent notre engagement commun à utiliser la technologie numérique pour relever des défis concrets en matière de développement durable et de justice sociale au Burundi.