Depuis quelques mois, un mot revient de plus en plus dans les discussions économiques : la Bourse du Burundi. Ces questions, parmi d’autres liées au marché boursier, ont été abordées lors d’une table ronde organisée par le Club d’Actualité Économique (CAE), en partenariat avec Share-net Burundi.
La Bourse du Burundi (BSE) est une société mixte créée en janvier 2024 par neuf actionnaires, dont la Banque de la République du Burundi et huit banques commerciales locales. Elle a été officiellement enregistrée en mars 2024 et a obtenu son agrément en février 2025 auprès de l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux (ARMC).
C’est quoi la Bourse ?
Comme l’explique Robert Mathu, Directeur général de la Bourse du Burundi, la bourse est un lieu de rencontre entre ceux qui ont besoin de financement et ceux qui disposent de capitaux à investir.
D’un côté, on trouve des entreprises ou des institutions publiques à la recherche de fonds pour financer des projets tels que la construction d’usines, d’infrastructures routières, des projets énergétiques, immobiliers ou de télécommunications.
De l’autre côté, figurent des citoyens, des ménages, des banques, des fonds de pension, des compagnies d’assurance ainsi que la diaspora, qui souhaitent faire fructifier leur épargne. La Bourse permet à ces différents acteurs d’interagir dans un cadre organisé, transparent et réglementé par la loi.
Actions ou obligations ?
Il existe principalement deux instruments d’investissement sur le marché boursier, comme l’a expliqué le Directeur général de la Bourse.
Le premier est l’action. En achetant des actions, l’investisseur devient copropriétaire de l’entreprise et peut percevoir des dividendes ou participer à certaines décisions. Chaque actionnaire détient une ou plusieurs actions, et les bénéfices perçus dépendent du nombre d’actions possédées.
Cependant, l’investissement en actions comporte des risques. En cas de faillite de l’entreprise, ses biens (terrains, véhicules, équipements, etc.) sont vendus afin de rembourser en priorité les créanciers, notamment les banques. Ce n’est qu’après ce remboursement que le reste éventuel est réparti entre les actionnaires. S’il ne reste rien, ces derniers ne perçoivent aucun montant. Les actionnaires sont donc les derniers à être indemnisés et supportent l’essentiel du risque lié à l’entreprise.
Le second instrument est l’obligation. Dans ce cas, l’investisseur prête de l’argent à une entreprise ou à l’État et perçoit des intérêts à des échéances déterminées. L’investissement en obligations est généralement moins risqué, car l’émetteur est tenu de verser les intérêts et de rembourser le capital selon les conditions prévues. En cas de défaillance, les détenteurs d’obligations figurent parmi les premiers à être indemnisés après la liquidation des actifs.
Qui peut investir à la Bourse du Burundi ?
À cette question posée par un membre du Club d’Actualité Économique, le Directeur général de la Bourse a précisé que la Bourse n’est pas réservée aux personnes aisées. Même les étudiants peuvent commencer par épargner de petites sommes et investir progressivement. Ainsi, tous les citoyens, les ménages, les investisseurs individuels, les fonds de pension, les compagnies d’assurance, les banques, la diaspora burundaise ainsi que les institutions publiques peuvent investir à la Bourse du Burundi.
Concernant la différence entre le financement bancaire et le financement par la Bourse, Robert Mathu a souligné que les banques financent principalement des projets à court terme, tandis que la Bourse du Burundi est davantage orientée vers le financement de grands projets nécessitant des capitaux à long terme.
La Bourse constitue un outil essentiel permettant aux citoyens d’investir, aux entreprises de se développer et à l’État de financer le développement par des mécanismes alternatifs. Elle offre ainsi à chacun la possibilité de participer directement au développement économique du pays, même avec des montants modestes.



