Lancement du 2e cycle de petites subventions collaboratives 2025.

Vous êtes une organisation dirigée par des jeunes ou des femmes, membre de Share-Net Burundi, passionnée par l’innovation technologique au service du développement durable et de la justice sociale ? Cet appel est pour vous !

Share-Net Burundi lance le 2ᵉ cycle de petites subventions collaboratives pour l’innovation numérique 2025.

Objectif ? Identifier et soutenir des projets technologiques innovants, portés par les jeunes et les femmes, capables de répondre aux défis majeurs du Burundi, notamment dans :

  • Sécurité alimentaire et nutrition
  • Droits et santé sexuels et reproductifs
  • Bonne gouvernance et État de droit
  • Développement du secteur privé/ Entrepreneuriat
  • Jeunesse/art

Les initiatives attendues peuvent aller de la création d’outils numériques de sensibilisation ou de plaidoyer, à la mise en place de solutions technologiques concrètes pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, renforcer la gouvernance et l’État de droit, soutenir l’entrepreneuriat et le secteur privé, promouvoir les droits et la santé sexuels et reproductifs, ainsi que valoriser la créativité et l’expression artistique de la jeunesse.

Date limite : 19 octobre 2025, à 12h00 (Heure de Bujumbura)

Pour plus détails, consultez l’appel ici.

Pour postuler, remplissez le formulaire disponible ici.

 

Foire des connaissances :  Pour co-créer des solutions contre les violences basées sur le genre

Dans la foire des connaissances, des espaces de cocréation ont été le cadre d’échanges et de partage entre les participants. Les participants ont été répartis dans différents espaces thématiques (booths) organisés par communautés de pratique pour échanger sur les points de friction d’une thématique choisie. 

 L’espace dédié à la santé sexuelle et reproductive et aux droits y relatifs (SDSR) a été un point de convergence avec une diversité d’acteurs engagés, activistes, praticiens et intervenants du secteur. La session a débuté par un tour de table des participants, suivi d’une évaluation des connaissances sur les droits en matière de santé sexuelle et reproductive. Dr Carole Bigirimana, facilitatrice de la session, a présenté une série de données statistiques pour planter le décor. 

Les chiffres représentent des statistiques alarmantes sur la situation des VBGs au Burundi: 97% de femmes et de filles burundaises sont victimes de VBGs contre 3% des hommes, le centre SERUKA reçoit en moyenne 1500 cas de viols par an et enfin 60 cas de féminicides ont été enregistrés au Burundi (2022-2023). 

Face à l’urgence, …  

 « 97% des femmes victimes des VBGs contre 3% des hommes ? » S’indigne Alain*, un homme d’une trentaine d’années, participant à l’échange. « C’est fort probable que les hommes victimes des VBGs sont au-delà de ces 3% mais qu’ils ne sont pas assez représentés. Peu d’entre eux osent porter plaintes  du fait des enjeux de notre culture qui déconsidèrent la vulnérabilité de l’homme. » Poursuit-il en mettant en lumière l’un des défis pour les hommes victimes de VBGs. 

Le drame de Dorine Ndayikunda illustre la brutalité des VBG : victime de violences conjuguales poussées jusqu’à l’hospitalisation. Pourtant, si son mari fut incarcéré, l’hostilité qui s’en suit de la part de sa belle-famille conduisit son beau-père à la battre à mort. Ce drame insoutenable suscite horreur et critiques vives parmi les participant·e·s.  

« La société burundaise est régie par des codes patriarcaux qui favorisent la recrudescence de ces violences. Souvent, nous avons affaire à une victime parfaite : une mère de famille qui boit de l’alcool ou rentre tard le soir et toute sanction envers elle de la part de son mari est justifiée dans l’entourage. Qui nous dit que dans une telle société, la justice sera en faveur de nous, les femmes, et du respect de nos droits ? » S’inquiète Cindy, l’une des participantes de cet atelier. 

… des solutions radicales s’imposent 

Pour lutter contre les VBG, Dr Carole rappelle l’existence d’une loi adoptée en septembre 2016 au Burundi, visant à prévenir les violences et protéger les victimes. Hélas, ses mécanismes et implications restent méconnus du grand public. 

En clôture de l’atelier, notre facilitatrice nous invite, selon nos domaines d’expertise, à formuler un engagement concret envers les victimes. Chacun inscrit sa promesse sur un post-it coloré, transformant le mur en une mosaïque vibrante d’espoirs pour l’avenir 

 Les participant·e·s ont suggéré plusieurs solutions : créer un réseau féminin anti-VBG, organiser des actions micro-féministes, et intensifier la sensibilisation communautaire. 

Foire des Connaissances : tisser demain, fil à fil

Et si l’avenir se construisait à plusieurs mains ? Le 11 juillet dernier, le centre Izuba vibrait au rythme de la Foire des Connaissances, organisée par Share-Net Burundi dans le cadre de l’initiative Umuhivu. Une journée de dialogues, de partage et de rencontres, où l’art, l’entrepreneuriat, le théâtre et la citoyenneté se sont mêlés pour faire émerger des idées nouvelles.

Pas de grandes promesses. Mais des visages, des récits, des projets. Entre les stands, les ateliers de co-création et une scène de théâtre, une même énergie circulait : celle de celles et ceux qui osent inventer de nouvelles manières de faire société avec une ambition commune : apprendre des autres pour mieux penser ensemble.

Une corde, un cercle, une société miniature

Au cœur de cette effervescence, plusieurs espaces d’échanges ont été animés. L’un d’eux, consacré à la bonne gouvernance et à l’État de droit, a particulièrement marqué les esprits.

Les participant·e·s y ont reçu des rôles fictifs : agronome, pêcheur, infirmier, chef de quartier, journaliste, enseignant, policière, artiste… Autant de voix qu’il en faut pour représenter une société. Une corde passait de main en main, tendue entre ces personnages devenus alliés, contradicteurs ou voisins. Le principe ? Discuter des tensions qui minent la gouvernance locale — sans lâcher la corde. Ni trop la tendre, ni la casser. La garder en équilibre. Comme nos sociétés.

Les tensions rejouées dans le cercle ressemblaient à celles qu’on croise dans la vraie vie. Il y avait ce manque de communication entre différents groupes de la société, ces petits abus de pouvoir qu’on tolère trop souvent, ces discriminations silencieuses qui finissent par user. Il y avait aussi les idées toutes faites qu’on se traîne les uns sur les autres, l’opacité de certaines décisions prises d’en haut, et ce manque d’élan collectif, ce réflexe citoyen qui tarde encore à s’installer.

Mais face à chaque tension, une possibilité : dialogue, médiation, plaidoyer, éducation, recours à la justice… et surtout, un engagement commun : bâtir ensemble, plutôt que subir à part.

Gouverner, ce n’est pas imposer : c’est coexister

Dans ce jeu de rôle presque théâtral, les participant·e·s ont découvert une chose essentielle : la bonne gouvernance commence par un geste simple mais puissant — se mettre à la place de l’autre. Écouter. Parler vrai. Tenir bon, mais tenir ensemble.

À la Foire des Connaissances, on n’était pas venu recevoir des leçons. On est venu expérimenter, créer, douter et recommencer. C’est ainsi qu’un simple fil de corde est devenu symbole : celui d’une gouvernance plus apaisée, plus partagée, plus juste.