Enquête de base du projet santé et droits sexuels et reproductifs

Posted by nimda on mai 1, 2016 at 3:23



Initiateur de l’enquête 

Health-net/TPO avec le financement de la part du Royaume des Pays Bas

Résumé exécutif

  • La présente étude concerne trois provinces qui forment la zone Ouest du Burundi qui sont Bubanza, Bujumbura Rural et Cibitoke.
  • Le but  de  l’étude  était  de  fournir  des  données  et  des  informations  pouvant contribuer à la compréhension des raisons, des facteurs d’utilisation ou non utilisation des MCM, l’ampleur des VS et VBG, évaluer les capacités communautaires à la stimulation de la demande des MCM et à la prévention et la prise en charge des VS et VBG.
  • L’étude  a   utilisé   une   approche   qualitative   par   focus   groups   et   entretiens individualisés et une approche quantitative par une enquête ménage et dans les FOSA.
  • 82,8% des femmes de 15-49 ans et 82,1% d’hommes de 15-59 ans ont déjà entendu parler de PF. Il y a une faible connaissance des jeunes par rapport aux adultes. On a

70,8% contre 90,8% chez les femmes et 65,0% contre 89,0% chez les hommes.

  • Pour  les   femmes   en   union,   la   connaissance   d’au   moins   deux   méthodes contraceptives est 90,0%, 87,0% et 86,0% à Bubanza, Bujumbura et Cibitoke respectivement. Au niveau de la zone Ouest, cette proportion est 87,6%.
  • Les sources d’information ne sont pas diversifiées car seuls les CDS et la radio véhiculent les informations sur la PF. Cela laisse la place aux rumeurs qui comblent le déficit donnant ainsi des informations souvent erronées.
  • Les espaces réservés aux demandeurs d’informations dans les FOSA ne sont pas conviviaux pour les jeunes : 49,3% pour les jeunes femmes trouvent que les lieux ne sont pas adaptés.
  • Seulement 27,4% des femmes de la zone d’étude ont déjà utilisé une méthode de contraception moderne.
  • Les jeunes femmes et filles (15-24 ans) sont moins utilisatrices des MCM car 21,6% (17,7%-26,1%) des jeunes femmes et filles de 15-24 ans qui ont déjà entendu parler de méthodes de contraception moderne sont utilisatrices alors que la proportions’élève à  39,1% (35,0%-43,4%) pour les femmes adultes (25-49 ans).
  • Parmi les utilisatrices des méthodes contraceptives, les méthodes principalement utilisées sont les injectables DMPA (57,8%), les pilules ordinaires (20,0%), les stérilet- DIU (16,4% et les implants sous cutané-Jadelle (15,5%).
  • La prévalence  contraceptive  est  estimée  à  15,4%  (13,5%-17,5%)  dans  la  zone d’étude, la population féminine qui fait usage des contraceptifs est estimée à 45973 (39992-51953).
  • Par rapport à la population féminine de 15-49 ans de la zone d’étude, on observe un taux d’abandon de 11,9% (10,3%-13,5%). Une grande partie de la population est non utilisatrice (72,7%) de la contraception.
  • La prévalence de la contraception pour les femmes en union est  20,4% (17,8%-

23,2%).  Les besoins  satisfaits  sont  évalués  à  13,4%,  répartis  en  besoins  satisfaits  pour espacer (5,8%) et besoins satisfait pour limiter (7,8%) les naissances.

  • Les besoins non satisfaits sont de l’ordre de 49,9% répartis en besoins non satisfaits

pour espacer (22,9%) et en besoins non satisfaits pour limiter (27,0%) les naissances.

  • L’étude de la susceptibilité à l’abandon a donné lieu à 6 groupes :

1)    Les  femmes  qui  croient  aux  rumeurs  sur  les  MCM :  elles  risquent  à  54,8%

d’abandonner une méthode contraceptive déjà utilisée.

2)   Les femmes qui ne croient pas aux rumeurs mais qui ne discutent pas avec leurs

conjoints du nombre et de l’espacement des naissances : elles risquent à 48,5%.

3)   Les  femmes  qui  ne  croient  pas  aux  rumeurs  mais  qui  discutent  avec  leurs

conjoints du nombre et de l’espacement des naissances : elles risquent à 26,6%.

4)   Les  femmes  qui  ne  sont  pas  satisfaites  des  explications  ou  conseils  des prestataires : elles risquent à 66,7%.

5)   Les femmes qui sont satisfaites des explications ou conseils des prestataires et

qui n’ont pas été mobilisées pour une activité en rapport avec la PF/MCM: elles

risquent à 63,6%.

6)   Les femmes qui sont satisfaites des explications ou conseils des prestataires et qui ont été mobilisées pour une activité en rapport avec la PF/MCM: elles risquent à 36,8%.

  • Pour  diminuer  les  besoins  non   satisfaits,  il  faut   convertir   les   abandons  en utilisatrices. Pour réduire le taux d’abandon, il faudrait développer l’esprit de dialogue au sein du ménage, lutter contre les rumeurs en multipliant les sources appropriées d’informations fiables, documenter suffisamment chaque MCM, améliorer les outils de communication et sensibilisation sur la PF, associer les bénéficiaires dans la promotion des MCM dans leurs communautés, impliquer l’Administration, cibler les groupes et familles à risque, lutter contre le concubinage, assurer une formation complète du personnel des CDs etc.
  • Au cours de l’analyse du profil des utilisatrices et non utilisatrices, les principaux constats sont que la mobilisation communautaire pourrait améliorer l’utilisation des MCM passant de 0,3% à 2,2% ; la lutte contre les rumeurs permettrait d’augmenter de plus de 20% les utilisateurs de MCM ; la sensibilisation sur les problèmes d’avoir plusieurs enfants  et  les  problèmes  sociaux  inhérents  permettrait  à  22,7%  des femmes supplémentaires d’utiliser les MCM.
  • Alors que 4,0% ne savent pas quoi dire, 66,0% (61,8%-70,0%) des femmes qui ont déjà entendu parler de méthodes contraceptives déclarent qu’il n’y a pas, dans leur entourage de personnes qui informent et incitent les gens à l’utilisation des services de PF ou contraception. 30,0% (26,2%-34,0%) disent que de telles gens existent.
  • La sensibilisation des jeunes est quasi inexistence dans la zone d’étude. En effet,

92,8% (89,5%-95,1%) des jeunes affirment ignorer l’existence de personnes qui informent et incitent les jeunes à l’utilisation des services de contraception.

  • Le  niveau  d’engagement  des  autorités  administratives  dans  la  promotion  de

l’utilisation des MCM reste très négligeable car seulement 3,0% des femmes de 15-

49 ans rangent les autorités administratives parmi les mobilisateur à l’usage des MCM.     Par  contre,  les  agents  de  santé  communautaires  jouent  un  rôle  très important suivis, à petite échelle, par les leaders communautaires.

  • Bien que toutes les FOSA ne fournissent pas toutes les MCM, les FOSA publiques fournissent au moins 5 types de MCM. Le femidom est rare dans les FOSA. Les autres MCM qui sont aussi moins fréquentes sont les pilules du lendemain et le condom. Dans presque toutes les FOSA publiques, l’injectable, le stérilet-DIU, l’implant et les pilules minidosées et normodosées y sont fournies. Globalement sur les 60 FOSA choisies, seules 9 distribuaient toutes les MCM et 20 FOSA ne distribuaient pas de MCM.
  • Les ruptures de stock rares dans la zone d’étude.
  • Sur toute la population féminine de 15 à 49 ans, 76,1% (73,4%-78,6%) ont déjà mis au monde au moins un enfant. Parmi celles qui ont déjà eu des enfants, 42,7% (39,4%-46,1%) ont encore un besoin d’avoir des enfants alors que 57,3% (53,9%-

60,6%) ne veulent plus avoir d’enfants.

  • La volonté d’avoir encore des enfants chez les hommes ayant déjà eu des enfants est plus faible. En effet, seuls 36,7% (32,3%-41,4%) d’entre eux veulent en avoir contre

63,3% (58,6%-67,7%) qui ne veulent plus avoir des enfants.

  • 14,7% de la population féminine de 15-19 ans ont déjà eu un enfant et 1,6% étaient enceinte au moment de l’enquête. Si on s’en tient aux célibataires, 8,3% des filles célibataires de 15-24 ans ont déjà eu un enfant alors que celles de 15-19 ans sont déjà mères dans 5,0% des cas.
  • Les célibataires étant mis à l’écart, 41,1% (37,4%-44,8%) des femmes (en union, séparées ou divorcées) ont eu dans leurs ménages des rapports sexuels sans consentement. Dans la plupart de ces cas (avoir des rapports sexuels sans consentement), il y a un manque de communication et en plus il peut s’agir de l’ignorance des attentes des conjoints, du caractère violent de l’homme, de l’alcool et du concubinage. La résignation (20,7%) et la tolérance (10,5%) de la violence sexuelle conjugale sont les solutions que les femmes adoptent dans la zone d’étude.
  • Les violences basées sur le genre sont connues par 65,5% (62,0%-68,8%) de la population féminine de 15-49 ans par le simple fait d’en avoir entendu parler. Parmi elles, 50,1% (45,8%-54,3%) en ont entendu parler dans leur propre communauté.  Il faut noter que cette proportion représente 32,8% de la population féminine non célibataire de 15-49 ans.

Bien que la réalité des violences basées sur le genre soit élevée, la formation sur les violences basées sur le genre est à un niveau très faible. En effet, seulement 13,8%,(11,0%-17,1%) des femmes ayant entendu parler des violences basées sur le genre, représentant 9,0% de toutes les femmes non célibataires de 15-49 ans, ont eu une formation sur les violences basées sur le genre.

  • La punition  par  frappe  de  la  femme  est  tolérée  par  69,0%  (66,1%-71,8%)  des femmes de 15-49 ans. C’est un signe qu’elles se résignent à être frappées en cas de faute dans leurs foyers.

Ce phénomène est très inquiétant dans le sens où les jeunes femmes et fille de 15-

24 ans sont aussi de l’avis qu’elles devraient être punies par la frappe. En effet,

67,1% (62,9%-71,1%) des filles et femmes de 15-24 ans approuvent la punition par frappe de la femme.

  • A la question de savoir si une femme peut avoir des circonstances qui l’empêchent d’avoir des relations intimes avec son époux, 49,0% (45,3%-52,6%) des femmes de

15-49 ans pensent qu’aucune raison ne peut justifier cet empêchement.

 

Etude de base du projet SDSR Rapport Définitif TPO


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